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Technique photo – A l’affût des oiseaux – Partie 2

Cet article suit directement celui que vous pouvez lire ou relire en cliquant ici ! Il existe un grand nombre de possibilités en ce qui concerne l’affût que vous allez pouvoir mettre en place, je vous propose donc de les balayer.

Les affûts fixes

Avant tout il y a ce qu’on va pouvoir appeler les affûts fixes. Le premier, et le plus simple à mettre en œuvre, est la tente affût que vous allez pouvoir trouver dans le commerce. Rapide à mettre en place, rapide à ranger, avec des ouvertures conçues pour la photo, la tente n’a pas beaucoup de défaut en termes de construction ou de praticité. Si ce n’est que l’on hésite toujours à la laisser en place : en effet une tente affût de qualité représente un certain budget, et on est jamais à l’abri de voir son affût disparaitre du jour au lendemain à cause d’une personne moins bien intentionnée que vous. Une astuce importante afin de permettre à votre affût d’être un peu plus discret et de mieux se confondre avec l’environnement : n’hésitez pas à ramasser (j’ai dit ramasser, pas couper ni arracher, rappelez-vous ce que je vous disais sur l’éthique dans le précédent article) quelques branches, feuillages ou autres végétaux que vous fixerez sur votre tente.

Avantage de la tente : rapide et simple à mettre en œuvre, il suffit de la déplier !

Le problème de la tente est donc qu’on a toujours peur de la laisser en place. Une simple solution pour ne pas se poser de questions consiste donc à construire vous-même un affût ! Des planches, des branches, des filets de camouflage, il existe énormément de solutions pour bâtir votre cache. Personnellement, si je n’ai pas besoin que l’affût me protège de la pluie, je l’érige en général uniquement sur 4 côtés avec des matériaux récupérés sur place. Si rien n’est disponible sur place je suis un ardent militant de l’utilisation de matériaux de récupération : des vieilles palettes sont en général une matière première très pratique à utiliser, je recouvre ensuite ma construction de fortune avec quelques branches, des filets de camouflage et me voilà paré ! L’avantage des affûts maison, c’est qu’ils s’adaptent à un maximum de situation, même aux plus complexes. On peut par exemple citer l’exemple de photographes qui ont réalisés des affûts en haut d’un arbre ou dans le creux d’une falaise !

Hirondelle de rivage – Image réalisée depuis la tente affût visible ci-dessus

L’affût « à roulette »

L’affût que nous allons maintenant évoquer, c’est celui qu’on appelle l’affût à roulette. Un affût à roulette, c’est tout simplement votre voiture, reconvertie pour l’occasion en poste d’affût de premier ordre. Pour des espèces vivant en plaine, comme par exemple les busards ou les tariers, pour lesquelles il est particulièrement difficile d’installer un affût, qui sera trop visible et difficile à inclure dans le paysage. La voiture, qui est un élément bien connu des animaux et qui n’est en général pas assimilée à un danger, va être un outil de premier ordre. Pour ce qui est des points forts de ce type d’affût, on peut citer le confort (et oui, on est assis dans son fauteuil), la rapidité et la facilité de mise en œuvre (il suffit généralement de recouvrir sa vitre avec un filet de camouflage) ou encore la protection face aux éléments. Une chose importante à préciser : même si votre affût a des roues, je vous conseille très fortement de l’utiliser comme un affût fixe. Autant une voiture qui n’a pas bougé depuis plusieurs dizaines de minutes n’inquiètera pas les animaux, autant les animaux éviteront de s’approcher si vous déplacez votre véhicule toutes les dix minutes.

Tarier pâtre

L’affût flottant

Le dernier affût dont on va parler est le seul qui offre à proprement parler de la mobilité. Il s’agit toutefois d’un affût destiné à un seul biotope et ce dans des conditions très précises. Cet affût, c’est l’affût flottant.

Affût flottant en action

Un affût flottant, qu’est-ce que c’est ? Pour simplifier, c’est une tente affût fixée sur un radeau en forme de U sur lequel vous allez fixer votre matériel. Equipé de waders, ces grandes cuissardes qu’utilisent les pêcheurs, on se glisse sous la tente et l’on se déplace en poussant son radeau. Un simple coup d’œil aux photos qui suivent devrait vous aider à mieux comprendre le principe. Mais même si la théorie est simple, l’affût flottant a un grand nombre de limites : avant tout, il ne peut se pratiquer que dans des zones peu profondes, en effet il est indispensable d’avoir pied pour se déplacer en sécurité.

Un de mes plus grands souvenirs de photographe, balbuzard pêcheur en train de pêcher à quelques mètres de mon affût

Ensuite, et nous en revenons à une problématique cité précédemment, il est nécessaire de disposer d’une autorisation du propriétaire de l’étang (du lac ou du marais) qui vous intéresse pour y accéder. Encore une fois, c’est bien souvent là que ça bloque, mais l’affût flottant offre des qualités qui font que cela vaut la peine de se donner du mal : il permet en effet d’approcher les oiseaux à des distances très intéressantes. En effet, sous couvert de respecter un certain nombre de règles, telles qu’une approche très lente ou un déplacement dans le sens du courant, les oiseaux ne se méfient pas du tout de l’affût. Le fait d’avoir le matériel au ras de l’eau permet également des prises de vue particulièrement esthétiques puisqu’on supprime l’effet de plongée.

Confort minimum, mais efficacité maximum, l’intérieur de mon affût

Ainsi, chaque affût va avoir ses avantages, ses inconvénients, et chaque situation va vous pousser tout naturellement vers l’un ou l’autre. Une fois que tout sera prêt, c’est le grand moment, vous pouvez enfin prendre des photos !

Une dernière chose…

Je parlais dans l’article précédent du dérangement, il est intéressant d’y revenir pour évoquer une règle indispensable. Si vous voulez à la fois éviter de déranger la faune et que vous voulez optimiser vos sessions, je vous recommande très chaudement d’arriver dans votre affût en toute discrétion et d’en repartir avec la même discrétion. Le fait par exemple d’être vu par l’animal que vous vouliez photographier au moment où vous rentrez ou au moment où vous quittez l’affût peut provoquer sa disparition, parfois même définitive.  En effet certaines espèces sont tellement farouches que le simple fait d’associer votre affût à l’homme les poussera à s’en éloigner de manière systématique. Une des choses les plus simples pour éviter ce genre de déconvenue est d’arriver de nuit et de quitter votre affût uniquement quand vous serez sûr et certain de ne pas être observé.

Guêpier d’Europe. Affût indispensable pour cet oiseau très méfiant.

Avant de clore cet article, je vous propose une dernière petite astuce informatique, avec un logiciel que j’utilise avec beaucoup d’intérêt. Cette application, c’est The Photographer Ephemeris. Comme son nom l’indique elle vous permettra de connaitre, pour un point GPS précis, les heures de début et de fin d’ensoleillement mais aussi et surtout, à chaque heure de la journée, de connaître précisément l’orientation du soleil. Archi simple et super pratique, je ne peux que vous recommander de vous y intéresser.

Maintenant, c’est à vous de jouer !

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