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Test terrain – Sigma 70 2.8 Art DG MACRO

Si vous suivez mon travail, vous savez que mes sujets de prédilection sont les oiseaux, ce qui explique que la grande majorité du matériel testé ici concerne des longues focales ! Pour autant, je ne délaisse pas, bien au contraire, les autres sujets qui nous entourent, notamment le monde du petit et du tout petit, je suis donc utilisateur régulier d’objectifs macro, et ça tombe bien, c’est le nouveau venu dans le secteur, le Sigma 70mm F2.8 DG Macro Art que j’ai eu l’occasion d’emmener avec moi sur le terrain.

Ça ressemble à quoi un 70mm Macro ?

L’objectif est petit, fin, et j’avoue que ma première surprise concernait le diamètre de la lentille frontale. Avec un diamètre de filetage de seulement 49mm, on est forcément surpris par la toute petite taille de ce morceau de verre. Concernant la construction en elle-même, Sigma démontre encore une fois tout son savoir-faire : matériaux qui respirent la solidité, assemblage parfait, rien à signaler ici.

Image Sigma France

Il est important de noter que cette optique, contrairement aux 105 Macro et 150 Macro de la marque japonaise, voit son fût s’allonger de quasi 50% de la longueur normale de l’objectif quand il est au rapport 1 :1. Petit rappel, le principe du rapport 1 :1, c’est qu’un objet mesurant 1 cm représentera 1 cm de la surface de votre capteur.

Cet allongement du fût, de prime abord, me fait m’interroger sur la rapidité de l’autofocus, en effet, d’expérience, les autofocus 100% internes sont toujours plus rapides que les externes. Le fait que cet objectif ne soit pas HSM (le moteur sonique de Sigma permettant l’AF ultra rapide sur l’ensemble des objectifs qui en sont siglés) pousse également à s’interroger sur la rapidité de cette machine. Rendez-vous à la fin de ce test pour connaître mon opinion sur le sujet.

On continue avec la qualité d’images.

Petit aparté concernant la longue focale de 70mm : pour des sujets tels que ceux que j’ai traité pour le test, à savoir des champignons et autres sujets « d’automne », cette longueur focale est parfaitement utilisable et très confortable. Pour des sujets plus remuants et plus craintifs, tels que par exemple les papillons et les libellules, il faudra être particulièrement doué dans son approche pour arriver à la proximité nécessaire à la prise de vue. En effet, au rapport 1 :1, on se retrouve extrêmement proche de son sujet.

Pour moi, en ce qui concerne l’image, un bon objectif macro doit cumuler plusieurs qualités : un piqué de haute volée et un bokeh fluide et harmonieux, aux transitions douces et sans délimitation abrupte des plans.

Pas de faux suspens : le piqué est là. Dès la pleine ouverture, on peut sans souci zoomer à 100% dans une image pour se rendre compte que les ingénieurs Sigma ont conçu une formule optique faisant la part belle aux détails, ce qui tombe plutôt parfaitement bien compte tenu des ambitions de cet objectif (rappelons qu’il s’agit du premier Macro depuis que Sigma a lancé sa gamme Art).

Le bokeh est également d’un très bel effet, à pleine ouverture, le diaphragme parfaitement rond est du plus bel effet pour les images. Par contre, les amateurs de flares devront redoubler d’ingéniosité pour faire apparaître ceux-ci, en effet le traitement optique de cet objectif ne facilite par leur apparition.

Nouveau type de moteur autofocus

Avec ce 70mm Macro, Sigma inaugure un nouveau système autofocus électrique. Comme je suis loin d’être pro dans ce domaine, petit copier/coller de la fiche produit : « Le système de mise au point à transmission électrique by-wire élimine la liaison mécanique directe entre la bague et le système d’entraînement. Contrôlé par les derniers algorithmes de SIGMA, un moteur à courant continu sans noyau, nouvellement développé, ajuste la mise au point, à grande vitesse et à faible bruit. ».

Dans les faits, mon retour est plutôt simple : concernant la précision en mode autofocus, l’objectif fonctionne parfaitement – pour peu que l’on ait réglé le plus précisément possible sa distance de mise au point. En effet, à plusieurs reprises, en mode Full, l’objectif mettait beaucoup de temps (vraiment beaucoup) pour accrocher un sujet à moins de 50 cm. Quand on ajuste au mieux, il n’y a plus vraiment de sujet et tout fonctionne bien. Ça fonctionne bien, mais clairement, ce n’est pas rapide. C’est d’ailleurs pour moi le principal défaut de cet objectif, la vitesse de son autofocus le cantonne à une pratique macro. C’est dommage car la focale pourrait très bien s’adapter au portrait, mais son autofocus réduit le champ des possibles à du portrait posé avec un sujet pas trop remuant.

En mode manuel, j’ai parfois été dérouté par le fonctionnement de la mise au point. En effet j’avais parfois l’impression de tourner la bague sans voir d’évolution de la zone de netteté. Ceci provient peut-être du fait que la course de la bague est très longue (prévoyez de tourner la bague de nombreuses fois en MAP manuelle pour passer du rapport 1 :1 à la MAP à l’infini) mais c’est vraiment perturbant.

OS, vous avez dit OS ? Eh bien, non. Voici le second point dommageable de ce Sigma 70 mm Macro. Pourquoi ne pas avoir intégré la stabilisation à cet objectif ? C’est vraiment dommage car il aurait fait tout son sens en monture Canon et Nikon, deux marques qui ne proposent pas la stabilisation dans leurs boîtiers.

Au final

…et malgré mes regrets quant à l’autofocus et l’absence de stabilisation, cet objectif remplit parfaitement sa mission, avec une qualité d’image qui conviendra aux plus exigeants. En tout cas, après cette première optique Macro Art, je suis plus que jamais impatient de voir arriver les focales plus standards de la macro, à savoir un 100mm ou un 150mm bénéficiant des mêmes qualités (et corrigeant les petits défauts).